Cadeaux éphémères
L’humanisme de M. Bang se manifeste surtout par les marques d’affection qu’il porte aux enfants, et que nous enrichissons par d’autres moyens. Il y a donc d’abord ses baudruches, puis nos ballons de football, raquettes de badminton, enfin nos tirages de photos sur papier avec une imprimante portative ou nos séquences filmées qui font leur bonheur. Joie décuplée quand ils se voient offrir de longs rubans plastiques, supports d’encre récupérés après l’impression. Noués au bout des tiges de bambou, ils deviennent des oriflammes brandies à bout de bras par ceux qui courent vers nous jusqu’au départ des cars en criant à pleins poumons.

M. Bang, sur une route de Laï Châu

Sur un chemin vicinal de Maï Châu

Sur les hauteurs de Mu Cang Chaï

La maternelle de Xa Linh-Maï Châu

Mère plus contente que l'enfant

La petite maternelle de Xam Pa
C'est ça, notre repas !
À la grande maternelle de Pa Co où débute une longue piste, nos invités et nous distribuons des friandises ; les petites filles nous offrent un spectacle de chants et de danses en tenue traditionnelle, hésitantes, regard tourné vers la maîtresse qui bat le rythme en souriant.
À midi, ne pouvant suivre M. Bang et les amis pour une longue randonnée sous le soleil à la rencontre de villageois de sa connaissance, le chauffeur et moi restons devant l’école. À nos côtés, des enfants calmes et sages.
– Vous ne rentrez pas à la maison ? Demandons-nous.
– Non, tonton. Nous attendons que la maîtresse rouvre la porte.
‒ Mais vous ne déjeunez pas ?
‒ C’est ça, notre repas…, répond la plus âgée en ouvrant ses mains emplies de friandises.
Nous allions poser une question indiscrète…
– Mais tu sais, parfois les gens d’ici nous donnent à manger quand ils ont des restes.
‒ Comment vous allez rentrer chez vous ?
‒ À pied ! Nos mamans passent nous prendre tout à l'heure... Elles sont encore là-haut, dans les montagnes.
(…)
Un dialogue interrompu par notre silence auquel se mêlent respect et admiration pour ces petits bouts de chou déjà mûrs dans leur tête.




